Montereau-fault-Yonne

Montereau-fault-Yonne

Caves Saint-Nicolas

Construites en grès sous la falaise, ces caves semblent dater du XIVe siècle. Elles forment un véritable dédale d’allées, de couloirs, de salles voûtées qui ont connu, au fil du temps, des attributions surprenantes:
• la Cave aux Contreforts, utilisée en entrepôt par les bouchers de la ville;
• la Cave aux Bananes a servi de mûrisserie jusqu’aux années 60;
• la Cave aux Graffitis, connue pour ses dessins attribués à un artiste inconnu du XVIIIe siècle;
• la Glacière, qui a permis des siècles durant, de conserver dans un puits, la glace prélevée dans la Seine gelée;
• le souterrain du Boulanger, composé de 15 salles aux formes diverses réparties de chaque côté d’un couloir de 30 mètres de long.

Château des Amendes (1860 - 1865)

Demeure bourgeoise en calcaire et enduit rouge imitant la brique, très en vogue au XIXe siècle. Elle est construite, au milieu d’un parc paysager de deux hectares, pour Edme Frontier, directeur de la faïencerie àl’époque où celle-ci connaît son plein développement. Le personnel de l’usine (entre 700 et 900 employés) est alors assujéti, en cas de manquement au règlement intérieur, à payer des amendes. Ulcérés par ce procédé, les ouvriers ne tardent pas à répandre le bruit que ces sommes servent à payer la construction du château de leur directeur. Le surnom de “château des amendes”est resté.

Collégiale Notre-Dame et Saint-Loup

L'église a été commencée à la fin du XIIe siècle, sous le règne de Philippe-Auguste, pour abriter le chapitre de neuf chanoines, un doyen et un chantre fondé à Montereau en 1195 par Michel de Corbeil, archevèque de Sens.

Agrandie et modifiée à plusieurs reprises jusqu'au XVIe siècle, cette collégiale a gardé la marque de toutes les étapes de sa construction.

Fin du XIIe siècle: rez-de-chaussée de la Tour Nord (clocher).

XIIIe siècle: piliers, arcades et frises du choeur et de la nef, 1er étage de la Tour Nord, rez-de-chaussée de la Tour Sud.

XIVe siècle: chapelles latérales Nord et second étage de la Tour Nord.

XVe siècle: chapelles latérales Sud et sacristie.

XVIe siècle: parties hautes de la nef et verrières, douze arcs-boutants, Tour Sud et son escalier, façade et portail.

XIXe siècle: reconstruction à l'identique de la chapelle du chevet, grilles des chapelles, dallage des bas-côtés.

La collégiale a été dédicacée à la Vierge le 31 juillet 1395.

Les deux dernières travées étaient réservées à l'usage de la paroisse Saint-Loup (Montereau rive gauche).

Le corps de Jean Sans Peur fut disposé pendant un an, après son assassinat en 1419, dans le caveau de la troisième chapelle latérale Nord, au fil des siècles, plusieurs centaines de fidèles durent également inhumés à l'intérieur de l'édifice.

Le 1er juin 1772, le cardinal de Luynes, archevêque de Sens, supprima le chapitre de chanoines malgré la vive opposition des paroissiens de Saint-Loup; la Collégiale devient alors simple église paroissiale sous le double vocable de Notre-Dame et Saint-Loup.

Les guerres de religion, puis la Révolution française mutilèrent les sculptures et le tympan du portail - un Jugement dernier - et firent disparaître les statues des ébrasements. Des ouragans, au XVIIIe siècle, ruinèrent les arcs-boutants de la nef et ne laissèrent subsister que les quatre de l'abside. La destruction des ponts en 1814 puis en 1940 brisa tous les vitraux. La tourelle d'escalier de la Tour Sud perdit son campanile en 1810.

Les nombreux travaux entrepris depuis 1995 ont permis de restaurer la Tour Nord de la Collégiale ainsi que de concevoir une nouvelle rasace.
La splendeur retrouvée de ses portails occidentaux a valu à la Ville le "ruban du patrimoine" décerné en 2011 lors du 50ème Congrès des Maires. L'ensemble de ces travaux est estimé à un montant d'1 100 000 euros.

A VOIR:

  • les vestiges de cinq cadrans solaires sur les murs du bas-côté Sud et du transept
  • la belle clef pendante Renaissance de la 3ème chapelle latérale droite
  • un retable flamboyant de 1520 dans la 4ème chapelle latérale gauche
  • une croix de la dédicace de la collégiale sur un pilier pural de la 1ère chapelle latérale gauche
  • une Descente de croix (tableau du XVIIe siècle) en haut du bas-côté droit, près de la sacristie
  • les proportions inhabituelles du vaisseau, presque aussi large que long, dont les deux tours de la façade accentuent l'aspect monumental.

Grenier à sel de Preuilly

Il s'agit sans doute de la maison la plus ancienne de la ville, connue sous le nom d'ancien grenier de Preuilly.

Les moines cisterciens de la proche abbaye de Preuilly possédaient déjà une petite maison à Montereau lorsque son propriétaire Gilon leur en fit don en 1177.
Les religieux, qui la mirent en location en 1849, s'y réservèrent un petit grenier où ils stockaient le sel qu'ils avaient prélevé sur chaque bateau de sel passant sous les ponts, droit qui avait été concédé à l'abbaye par les seigneurs du lieu et confirmé par le roi Louis XI en 1465.

Vendue par les moines en 1619, elle tenait alors au "marchepied" du rempart qui avait été élevé au temps de la guerre de Cent-Ans pour renforcer le fossé de défense primitif, elle fut partagée ensuite entre plusieurs propriétaires successifs.

Le corps de bâtiment en bordure de la rue de la Poterie appartenait à la fin du XIXe siècle à l'anarchiste Georges Alfred Pagnaud qui fut conseiller municipal de 1897 à 1899.

Hospice de la Charité

Cette maison du XVIe siècle a abrité, de 1695 à 1717, l'Hospice de la Charité.
Créé en 1640 par des riches bourgeoises, la Confrérie monterelaise des Dames de la Charité, inspirée par Vincent de Paul, avait pour vocation de porter secours matériels et spirituels au domicile des malades indigents de la ville et des faubourgs.

En juin 1695, Jeanne Chineau, supérieure de la Confrérie, fit don de cette bâtisse à la Charité afin d'y regrouper les malades. La même année elle acquiert aussi, grâce à Jean Closier, chanoine de Notre-Dame et Saint-Loup et directeur spirituel de la Confrérie, la maison contiguë donnant sur la place du Marché à la Viande, puis un petit jardin attenant, où l'on accédait par la rue des Chapeliers.

Afin de permettre à son établissement de recevoir valablement donc et legs, la Confrérie demanda et obtint la reconnaissance royale par lettres patentes de Louis XIV en octobre 1695.

La misère et la famine qui décimèrent la population monterelaise au début du XVIIIe siècle démontrèrent que le petit hospice n'était plus à la mesure des besoins, aussi la ville attribua-t-elle en 1714 à la Confrérie le terrain et les ruines de ce qui avait été plus d'un siècle auparavant la Maison de la Santé, dans le faubourg du Gâtinais.

Louée en plusieurs lots à partir de 1717, la maison de la rue du Petit Chaudron demeura dans le patrimoine de l'hospice de la Charité puis de l'établissement hospitalier communal qui lui succéda au XIXe siècle.

Hôtellerie de la Levrette (Début XVIIe siècle - Toiture et façade sur rue inscrites MH 1946)

Edifiée sous Henri IV, cette maison bourgeoise en grès, calcaire et tuile plate est le seul immeuble civil que Montereau ait conservé. Durant la régence de Marie de Médicis, elle devient une hôtellerie pour mariniers à l’enseigne de la Levrette. Son écurie pouvait accueillir jusqu’à six chevaux. Elle perd sa fonction commerciale avant la Révolution. Le parement extérieur est amputé d’un tiers au fil des âges, privant les deux fenêtres de droite des éléments décoratifs qui les ornaient symétriquement.

Le confluent de la Seine et de l’Yonne

Le site du confluent donne son nom à la ville de Montereau-fault-Yonne, là où “fault” l’Yonne, c’est-à-dire où l’Yonne prend fin en rejoignant la Seine. Enjeu stratégique, théâtre de nombreuses batailles au fil des siècles, le confluent fait encore l’objet d’une controverse beaucoup plus pacifique : n’est-ce pas la Seine qui se jette dans l’Yonne, puisque le débit de l’Yonne et son bassin versant sont plus importants que ceux de la Seine? Et dès lors, est-ce la Seine ou l’Yonne qui passe à Paris ?...

Le Prieuré Saint-Martin (Xe-XIIe-XIIIe et XVIIe)

Situé à flanc de coteau et dominant la Seine, le Prieuré Saint-Martin  est fondé en 908  à l'initiative du comte de Champagne. Il est bâti sur un ensemble de quatre cryptes destinées à compenser la déclivité du terrain, son chœur de style roman est flanqué de deux chapelles latérales. Malgré la destruction de son enclos extérieur et sa conversion en ferme au XVIIe siècle, on peut facilement retrouver ses proportions d’origine. L’entrée principale conserve des vestiges de construction des XIIe et XIIIe siècles (colonnes, voûtes…). De solides contreforts à l’Ouest soutiennent un bâtiment claustral à étages, composé de diverses époques.

Elle demeure une des rares églises au chœur roman surélevé. La saillie de son clocher abaissé jusqu'au rampant du toit marque la place qu'il occupait alors qu'il appelait les moines à la prière. Plus au sud, se trouvait le cimetière des moines et un ancien corps de garde ou une loge de portier.

Logis du Grand Cerf

Autrefois, cet emplacement de la rue des Changes était occupé par de nombreuses maisons, toutes habitées par des commerçants.
Puis, à la fin du Moyen-Age, le marché de Montereau ayant pris de l'extension quitta la place qui devint le Vieux Marché pour se déplacer vers la place du Marché au Blé, la place du Marché à la Viande et les rues adjacentes, la rue des Changes perdit alors son rôle de rue commerçante.

Au XVIIe siècle, les maisons comprises entre la rue des Changes et la place du Vieux Marché d'une part, le passage qui les relie l'une à l'autre et la rue de la Poterie d'autre part, disparurent peu à peu, absorbées une à une par un propriétaire unique, qui fit édifier la maison telle qu'elle existe aujourd'hui.

En 1725, Nicolas de Chambault, le propriétaire, eut l'honneur d'y recevoir Marie Leczinska. La future épouse de Louis XY y passa la nuit du 3 au 4 septembre 1725, après que son carosse et sa suite eurent mis 14 heures - de 9h du matin à 11h du soir - pour venir de Provins dans des chemins détrempés et par une pluis battante.
Elle rejoignit le lendemain son royal fiancé sur la route de Moret, au sommet de la côte qui domine Froidefontaine (colonne commémorative).

Transformée un moment en pensionnat de garçons au début du XIXe siècle, la maison hébergea encore élèves et maîtres en 1908, pendant la reconstruction de l'école de la Poterie.

Musée de la faïence

La manufacture de faïence fine de Montereau, fondée en 1745, associée à celle de Creil de 1840 à 1895, puis à celle de Choisy en 1920, ferme ses portes en 1955. Une patiente collecte effectuée à partir de 1871 restitue un large échantillonnage de ces deux siècles de production, véritable témoignage de l’art industriel. Le musée présente une sélection de 400 pièces qui permet de mesurer l’évolution des formes et des décors au fil du temps. Depuis peu, le musée abrite dans la salle Paul Quesvers, une exposition permanente sur la bataille que livra Napoléon 1er, le 18 février 1814 à Montereau. Scénographie visuelle et sonore de l’une des dernières victoires de l’Empereur.

Statue équestre de Napoléon 1er (1867)

Oeuvre en bronze (400 x 300 x 500 cm) créée par Charles-Pierre-Victor Pajol (1812-1896), fils aîné du général Claude-Pierre Pajol qui mena une charge héroïque et déterminante dans la bataille de Montereau le 18 février 1814. Le piedestal en granit est orné de deux hauts-reliefs en bronze dont l’un représente cette charge. Napoléon livra cette bataille depuis les hauteurs de Surville d’où il prononça la célèbre phrase : “Ne craignez rien mes amis, le boulet qui doit me tuer,n’est pas encore fondu”.
Après huit heures de combat acharné, Napoléon enlève les ponts de Montereau. C’est l’une des toutes dernières victoires de l’Empereur.

Vieux Château

Le "Vieux Château" de Montereau-fault-Yonne est le seul vestige de l'ancienne forteresse qui commandait jadis le passage des ponts de Montereau.

En 1015 est construit le premier château fort, simple donjon de bois, au confluent de l'Yonne et de la Seine, par Rainard, comte de Sens.

XIIIe siècle:
Le premier château est remplacé par une importante forteresse de pierre achevée en 1228.
L'enceinte est constituée par un double rempart séparé par un contre-fossé. Les bâtiments constitutifs de la forteresse sont construits en périphérie de la cour, contre le rempart intérieur qu'ils renforcent.
Le donjon, sans doute logis seigneurial, est implanté dans l'angle Nord-Est de la cour. Le "Vieux Château", alors vraisemblablement Corps de garde et prison, se trouve dans l'angle Sud-Est.

XVe siècle:
Construction de la tourelle d'escalier dans l'angle des deux corps de bâtiment, vraisemblablement à l'emplacement d'un premier escalier médiéval. Le bâtiment Sud-Est est complètement restructuré.
En 1696, la forteresse quitte le domaine royal et devient propriété privée. Cette date marque le début d'une longue période de décadence et de réutilisations diverses.

XVIIIe siècle:
Le château est démembré en 1755-1758, la route de Bray traverse désormais sa cour, le donjon est arasé à 30 pieds de haut, le fossé est comblé, la plus grande partie de l'enceinte disparaît.
L'aile Sud devient le siège des tribunaux, bailliage, élection et grenier à sel, sert également d'hôtel de ville tandis que l'aile Est demeure une prison attenante aux salles d'audience.
La Révolution supprime les tribunaux d'ancien régime, l'aile Sud devient un magasin à grains, la démolition du donjon est achevée en 1794.

XIXe siècle:
Dans l'aile Est, la prison subsiste encore en 1873. L'aile Sud devient le logement des gendarmes jusqu'en 1830.
Vers 1838, les différents bâtiments devenus biens nationaux depuis 1790, sont lotis et vendus; en 1849, le redressement du pont d'Yonne entraîne la démolition des maisons situées à la pointe du confluent.

Après 1945:
La reconstruction des ponts d'Yonne et de Seine fait disparaître la plupart des vestiges de la forteresse qui subsistaient encore.
Le "Vieux Château" est épargné par la guerre et par la reconstruction des ponts. Il est devenu propriété privée divisée en appartements lorsque la ville de Montereau l'acquiert le 24 février 1988.

La tourelle, l'aile Est, la terrasse et le rempart médiéval sont inscrits à l'inventaire des Monuments Historiques.